Dans quelle revue publier ?


Avant de répondre à cette question, un petit rappel s’impose au sujet des différentes catégorisations et classements disponibles établis pour les revues en économie et en gestion. Il est ensuite important de connaître les exigences de chaque organisme d’évaluation (AERES, CNU, etc.) vis à vis de ces classements, en gardant à l’esprit que le jugement de l’activité d’un chercheur ou d’un enseignant-chercheur n’est pas uniquement basé sur la publication d’articles dans des revues. La question de la bibliométrie sera abordée dans un autre article du blog, même si certaines listes de revues à la source de l’analyse bibliométrique seront rapidement évoquées.

Les listes de revues en économie et gestion

  • EconLit Journal List. Liste de revues figurant dans la base de données bibliographique en ligne de l’American Economic Association (AEA). Cette liste a l’avantage est d’être très large et non hiérarchisée. Elle intègre de nombreuses revues non anglo-saxonnes ou françaises.
  • Liste CNRS (section 37) : catégorisation des revues en économie et gestion, établi par la section 37 du Comité National de la Recherche Scientifique. Dans ce document de référence, les revues sont classées en plusieurs grands domaines thématiques. Au sein de chaque domaine, les revues sont également ordonnées en 4 grandes catégories par ordre d’importance décroissante (1, 2, 3 et 4). Cette liste ne tient compte que des revues en langue française ou anglaise.
  • Harzing Journal Quality List (JQL). Liste établie par Anne-Wil Harzing depuis la fin des années 1990. Elle est constitué d’une compilation de différents classements internationaux (revues de plusieurs langues).
  • Liste AERES : l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur a établi une liste des revues en économie et gestion pour caractériser un enseignant-chercheur ou chercheur comme “produisant” et pour procéder à l’évaluation des unités de recherche. Les revues considérées dans cette liste appartiennent aux 3 listes citées précédemment :  liste Econlit, liste de la section 37 du CNRS et liste Harzing.

Il est également important de signaler les deux listes du Web of Science et de Scopus, qui sont les principales bases pour l’analyse bibliométrique en économie et gestion (il en existe d’autres, nous en parlerons dans un prochain article consacré à la bibliométrie) :

  • Wos-SSCI. Web of Science (Thomson Reuters) est une base de données bibliographiques universitaire en ligne (payante) fournie par l’Institute for Scientific Information (ISI). Elle permet notamment l’accès au Social Sciences Citation Index (SSCI), qui indexe les publications d’un grand nombre de revues en sciences sociales (cf. liste), choisies selon des critères de sélection très sévères (langue anglaise de référence). Depuis leur création en 1964, les Citation Index (SSCI ; Science Citation Index Expanded : SCI-EXPANDED ; Arts & Humanities Citation Index : A&HCI) se sont imposés comme une source unique et de référence pour la citation des articles et les calculs de facteurs d’impact.
  • Scopus (Elsevier). La base de citations Scopus lancée en 2004 par le groupe d’édition néerlandais Elsevier est venue concurrencer le monopole mondial détenu jusque là par Thomson. Scopus offre une plus grande couverture des Sciences Humaines et Sociales et des journaux non anglophones (cf. liste). Scopus est lui aussi payant.

Critères d’évaluation

Le Conseil national des universités (CNU), qui est l’instance nationale se prononçant sur les mesures relatives à la qualification, au recrutement et à la carrière des enseignants-chercheurs de l’Université française, précise les critères à respecter pour la qualification à la fonction de Maître de Conférences (pour une présentation plus globale des recrutements, promotions et reclassements, voir le site de la section 05 du CNU) :

La section s’assure de la capacité des candidats à enseigner l’économie et à mener une activité de recherche dont les résultats soient diffusés. Si la thèse peut quelques fois suffire à établir l’aptitude des candidats, le plus souvent la section exige des critères permettant d’objectiver son diagnostic : la capacité à enseigner est formellement établie par une liste d’enseignements d’économie, les qualités de chercheur sont attestées par des publications dans des revues d’économie au sens large (celles de la liste EconLit servent de référence mais celles de la section 37 du CNRS sont aussi mobilisées). Les activités de communication scientifique (communications à colloques et conférences) sont prises en considération en quantité et en qualité.

L’évaluation des chercheurs du CNRS se fonde sur des critères spécifiques ; la section 37 du Comité National de la Recherche Scientifique ‎rappelle que l’évaluation des chercheurs porte sur l’ensemble de leur activité :

Cependant, elle (NDA : la liste des revues de la section 37 du CNRS) n’est en aucun cas utilisée pour effectuer un travail purement comptable ou automatique de l’activité de recherche. L’originalité et la portée des travaux et de la démarche scientifique priment sur le support de diffusion, même si l’effort de publier régulièrement dans des supports exigeants et/ou de grande audience est une composante non négligeable de l’activité d’un chercheur. La section tient bien-sûr compte des publications dans des ouvrages ou des actes ; un ouvrage de référence est par exemple particulièrement apprécié pour les promotions au niveau des directeurs de recherche.
En outre, l’évaluation notamment des chercheurs porte sur l’ensemble de leur activité. Les critères de la section sont disponibles sur http://www.cnrs.fr/comitenational/sections/critere/section37.htm. A titre d’exemples, l’encadrement d’étudiants, la direction de thèses ou la gestion de la recherche sont considérés comme des activités essentielles dans une carrière de chercheur.

L’AERES utilise (entre autres) comme critère d’évaluation le nombre de chercheurs ou d’enseignants-chercheurs « produisant » au sein d’une unité. La dernière définition de cette notion de chercheur « produisant » est la suivante  :

La règle de base pour être reconnu enseignant-chercheur ou chercheur “produisant” est, sauf exception, d’avoir publié pendant la période de référence (à savoir janvier 2006 à août 2010 pour la vague B) au moins 2 articles (respectivement 4 articles pour les chercheurs) dans les revues appartenant à la liste AERES. (AERES, Liste des revues AERES pour le domaine économie-gestion (pdf), mise à jour le 16/06/10, p.1)

Choix d’une revue

Les listes utilisées par les organismes chargés de l’évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs sont donc différentes ; elles font également l’objet de critiques (ici ou ). Mais une publication dans une revue figurant en bonne place dans la liste du CNRS est toujours un atout pour l’entrée dans la carrière (qualification au CNU et recrutement de MCF notamment) et l’avancement. Dans l’optique de l’évaluation collective d’une unité et de l’attribution du qualificatif de « chercheur produisant », des publications dans des revues de la liste AERES sont suffisantes. Même si le critère du nombre de publication n’est pas le seul à rentrer en ligne de compte, il est de nos jours de plus en plus important pour un chercheur, à titre individuel et collectif, de publier dans les meilleures revues. La consultation des listes de revues (régulièrement révisées) est donc indispensable. Signalons à ce propos que le site Journal Base (cf. notre article à ce sujet) permet de comparer le référencement des revues dans plusieurs listes (SSCI, Scopus et AERES notamment).

Le choix d’une revue pour la soumission d’un article doit donc être guidé par la notoriété dont bénéficie cette revue (appartenance à une liste de référence, importance du facteur d’impact, composition du comité scientifique) mais aussi et surtout par d’autres critères qu’il convient de ne pas perdre de vue : spécialisation de la revue (pour un jeune chercheur, le choix peut se limiter à quelques revues dans lesquelles publient déjà les membres du laboratoire ou la communauté scientifique de son champ de recherche), frais, périodicité et délais de publication (qui peuvent aller de 6 mois à plus d’un an), nombre de tirages et politique de cession des droits (une revue à fort tirage et qui autorise la mise en ligne de l’article dans une archive ouverte permet de toucher un plus grand nombre de lecteurs et éventuellement d’être cité un plus grand nombre de fois). En raison de la lenteur du processus (examen par les « referees », demande de révisions, délai de publication) il est conseillé de choisir une revue le plus tôt possible et de se conformer à la lettre aux instructions données aux auteurs.

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