Une sociologie des classifications de revues en économie et gestion


David Pontille et Didier Torny , « Revues qui comptent, revues qu’on compte : produire des classements en économie et gestion », Revue de la régulation [En ligne] , n°8 | 2e semestre 2010 , mis en ligne le 08 décembre 2010, Consulté le 08 juin 2011. URL : http://regulation.revues.org/index8881.html

A l’origine de nombreux débats, les classifications de revues en économie et gestion n’ont pas fini de faire parler d’elles. Dans cet article riche d’enseignements, les auteurs se focalisent sur l’évolution de la construction et surtout de l’usage du classement de revues de la section 37 du CNRS (par ailleurs disponible en ligne à l’adresse : http://sites.google.com/site/section37cnrs/Home/revues37).

Résumé de l’article :
Cet article présente une sociologie des classifications de revues en économie et gestion. S’appuyant sur un vaste ensemble de sources documentaires et d’entretiens complémentaires, il étudie la trajectoire du classement de revues de la section 37 du CNRS, depuis ses prémisses de 2001 jusqu’à sa version actuelle, et documente quatre principales étapes de fabrication et de transformation. Ce classement est d’abord conçu comme un outil de justice sociale pour les candidats et les laboratoires, fondé sur une expertise largement externe à la section 37. Il devient ensuite une catégorisation raisonnée, solidifiée par l’examen en comité restreint d’arguments partageables afin de résister à la comparaison avec d’autres classements. Puis, l’AERES l’érige en un instrument de comptage et d’évaluation, sur la base d’un contenu presque identique au précédent, mais dont l’usage convenable est radicalement transformé. Il est enfin une partie d’une liste de revues beaucoup plus longue servant seulement au calcul du taux de « produisants en recherche et valorisation ». Chacune des classifications produites est systématiquement accompagnée de clauses de révision ou d’actualisation : elles sont d’emblée définies comme provisoires, sujettes à certaines formes de critique, et donc ontologiquement instables. Elles sont donc soumises à un cycle publication/usages/révisions quasi-continu, proposant de nouvelles frontières et normes d’exercice professionnel.

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