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Les liens du 18 avril 2012
- Le blog de l’AFSE pour la présidentielle 2012. Un questionnaire de l’Association Française de Science Économique a été soumis à tous les candidats. Le blog publie le texte intégral des réponses des neuf candidats ayant répondu (seul Jean-Luc Mélenchon n’a pas communiqué ses réponses), les commentaires des économistes de l’AFSE et des internautes.
- Les Echos et l’ESSEC au piquet. Après avoir fait remarquer que l’ESSEC s’était trompé dans l’interprétation d’un taux de chômage, Olivier Bouba-Olga récidive et épingle cette fois les Echos : "Dis Les Echos, c’est quoi un taux de chômage ?" (14 avril 2012). A qui le tour ?
- Le numéro d’avril 2012 du Journal of International Money and Finance (Volume 31, Issue 3) est un numéro spécial intitulé "Financial Stress in the Eurozone". Les contributions à ce numéro sont issues de l’édition 2011 de l’Annual International Conference on Macroeconomic Analysis and International Finance, manifestation qui est organisée chaque année depuis 1997.
- "Quelques infos glanées sur l’évolution des inégalités dans l’OCDE" (17 avril 2012). Sur le blog d’éconoclaste, Stéphane Ménia nous fait profiter d’une petite synthèse qu’il a réalisé sur le sujet, sur la base d’un pdf gratuit ("Tour d’horizon des inégalités croissantes de revenus dans les pays de l’OCDE") issu d’un livre de l’OCDE "Toujours plus d’inégalité : Pourquoi les écarts de revenus se creusent".
- Qui sera le nouveau Keynes ?, Christian Chavagneux (16 avril 2012). "Paul Krugman et Joseph Stiglitz tiennent le haut du pavé médiatique de la contestation de la théorie économique dominante. [...] Pourtant, leur positionnement les place plus comme des techniciens soucieux d’améliorer les performances de la théorie dominante que de proposer une alternative comme Keynes avait su le faire en son temps".
- En complément du billet concernant les prévisions économiques, voici une source supplémentaire avec les "Forecasts" de CESifo.
- Sommet annuel du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), 16-19 avril 2012.
- Bulletin du FMI, Perspectives de l’économie mondiale, "Les perspectives s’améliorent lentement, mais restent fragiles", 17 avril 2012. Voir aussi bien sûr le World Economic Outlook (WEO) d’avril 2012 : "Growth Resuming, Dangers Remain".
L’austérité plus que toujours en question
La question de l’efficacité des politiques d’austérité est plus que toujours toujours au cœur des débats entre "Austerians" et partisans de la relance budgétaire. Voici quelques références à des articles et travaux récents (la plupart cités sur le site Voxeu.org) qui sont loin d’épuiser ce sujet tellement vaste mais qui donnent quelques points de départ à la réflexion. A la fin du billet, j’effectue un petit retour sur le Pacte budgétaire européen de mars 2012.
Jusqu’au aller dans l’austérité ?
Giancarlo Corsetti lance le débat sur Voxeu.org le 2 avril 2012. Alors que la rigueur budgétaire est le mot d’ordre dans toute l’Europe, les mesures adoptées ont coïncidé avec un nouveau ralentissement économique. L’opportunité de l’austérité fiscale peut alors être discutée et vous trouverez sur Voxeu.org une introduction au débat et les commentaires.
Giancarlo Corsetti et Gernot Müller contribuent au débat ("Has austerity gone too far ?", 20 février 2012), en faisant valoir que, là où le risque souverain est élevé, le resserrement budgétaire demeure un important facteur d’abaisser les déficits avec un coût limité pour l’activité économique. Les auteurs défendent ici l’idée que l’austérité n’est pas nécessairement une stratégie vouée à l’échec. Les auteurs s’appuient notamment sur leur travail récent paru dans les Working Papers du FMI ("Sovereign risk, fiscal policy and macroeconomic stability", Corsetti, Giancarlo, Keith Kuester, André Meier and Gernot Müller) concluant que dans certaines conditions, les compressions budgétaires peuvent contribuer à limiter le risque d’instabilité macroéconomique et, dans les cas extrêmes, même stimuler l’activité économique :
Corsetti, Giancarlo, Keith Kuester, André Meier and Gernot Müller (2012), "Sovereign risk, fiscal policy and macroeconomic stability", IMF Working paper 12/33. Article téléchargeable au format pdf
Résumé : This paper analyzes the impact of strained government finances on macroeconomic stability and the transmission of fiscal policy. Using a variant of the model by Curdia and Woodford (2009), we study a “sovereign risk channel” through which sovereign default risk raises funding costs in the private sector. If monetary policy is constrained, the sovereign risk channel exacerbates indeterminacy problems: private-sector beliefs of a weakening economy may become self-fulfilling. In addition, sovereign risk amplifies the effects of negative cyclical shocks. Under those conditions, fiscal retrenchment can help curtail the risk of macroeconomic instability and, in extreme cases, even stimulate economic activity.
Austérité : la manière importe autant que la taille.
Alberto Alesina s’est illustré dans une étude de 2010 ("Fiscal adjustments: lessons from recent history", avril 2010) visant à savoir si la réduction de la dette induit toujours des effets négatifs. Après avoir étudié la réduction de la dette au sein des pays de l’OCDE depuis 1980, il écrivait alors : "The answer to this question is a loud no". Parfois, même souvent, les économies prospèrent après que le déficit public ai été réduit. C’est ce qu’Alesina a nommé une "contraction budgétaire expansionniste".
En réponse au débat proposé par Giancarlo Corsetti sur VoxEu.org ("Has austerity gone too far ?"), Alberto Alesina et Francesco Giavazzi expliquent que le débat européen sur l’austérité budgétaire s’est égaré en se concentrant exclusivement sur la taille de la réduction du déficit (The austerity question: "How" is as important as "how much", 3 avril 2012). Ils conseillent alors aux décideurs politiques de vraiment se concentrer sur la composition du resserrement budgétaire (augmentation des taxes vs réduction des dépenses) et sur les politiques d’accompagnement. Sur ce point de vue, A. Alesina et F. Giavazzi se basent sur les conclusions accumulées dans des études sur plus de 40 ans dans la zone OCDE pour dire : (i) que les ajustements obtenus par des réductions de dépenses engendre moins de récession que ceux obtenus par des augmentations d’impôt ; (ii) que des dépenses basées sur des consolidations, renforcées par une bonne politique d’accompagnement engendrent moins de récession ou peuvent même avoir un impact positif sur la croissance. Les auteurs citent également deux travaux du FMI sur ce sujet : le chapitre 3 ("Will It Hurt? Macroeconomic Effects of Fiscal Consolidation") du World Economic Outlook (octobre 2010) et :
Devries, P, J Guajardo, D Leigh, and A Pescatori (2011), "A New Action-Based Dataset of Fiscal Consolidation", IMF Working Paper No. 11/128. Article téléchargeable au format pdf.
Résumé : This paper presents a new dataset of fiscal consolidation for 17 OECD economies during 1978-2009. We focus on discretionary changes in taxes and government spending primarily motivated by a desire to reduce the budget deficit and not by a response to prospective economic conditions. To identify the motivation and budgetary impact of the fiscal policy changes, we examine contemporaneous policy documents, including Budgets, Budget Speeches, central bank reports, Convergence and Stability Programs submitted by the authorities to the European Commission, and IMF and OECD reports. The resulting series can be used to estimate the macroeconomic effects of fiscal consolidation.
Une austérité menée trop rapidement ?
Carlo Cottarelli ("Fiscal adjustment: Too much of a good thing?", Voxeu.org, 8 février 2012) pose la question de la rapidité de l’ajustement dans les circonstances actuelles. Il rappelle que le FMI a plaidé pour que les ratios de la dette publique soit ramenés à des niveaux plus sûrs grâce à un processus graduel et régulier ("Ten Commandments for Fiscal Adjustment in Advanced Economies", O. Blanchard et C. Cottarelli, le 20 juin 2010 sur le blog du FMI). Dans le contexte actuel, il redoute que certains programmes d’austérité soient menés trop vite.
L’austérité contestée
Certains économistes ont depuis longtemps exprimé leur désapprobation des politiques d’austérité : Paul Krugman, Brad Delong, Mark Thoma ou Simon Wren-Lewis en sont quelques exemples les plus médiatiques avec leur blog. Pour eux, l’austérité est potentiellement autodestructrice en raison de la contraction de l’économie qui à son tour, pourrait aggraver la situation budgétaire (baisse des recettes fiscales) et faire peser des doutes sur la solvabilité des gouvernements, à l’inverse du but recherché initialement.
Gianluca Cafiso et Roberto Cellini, dans un article du 15 février 2012, tentent ainsi de mieux comprendre la relation entre les politiques de réduction du déficit et l’évolution du ratio dette / PIB. Le problème est donc que l’effet restrictif de la consolidation budgétaire sur le PIB pourrait bien compenser la réduction du déficit et de provoquer une augmentation indésirable du rapport de la dette au PIB ("Fiscal consolidations for debt-to-GDP ratio containment? Maybe … but with much care").
C’est un résultat qui ne peut pas être exclu a priori : à ce sujet, les auteurs citent Gros, D., "Can Austerity be self-defeating?" (VoxEU.org, 29 novembre 2011), P. Krugman, "Self-defeating Austerity" (NY Times, 7 juillet 2010) ou Sutherland et al., "Fiscal Consolidation: Part 1. How Much is Needed and How to Reduce Debt to a Prudent Level?" (OECD Economics Department Working Papers n° 932, 10 janvier 2012).
En considérant les événements passés dans un groupe sélectionné de pays de l’UE et en utilisant les nouvelles données mises à disposition par Devries et al. (cités ci-dessus), G. Cafiso et R. Cellini ont donc vérifié quels étaient les changements consécutifs du ratio dette / PIB à court et à moyen terme. Leurs résultats montrent un résultat favorable à court terme pour la majorité des pays considérés, tandis que le moyen terme est défavorable pour tous.
Plus récemment, DeLong et Summers ont présenté un travail sur la politique budgétaire dans une économie en dépression (mars 2012). L’argument principal avancé est que l’austérité, quand un pays est dans une situation de trappe à liquidité, pourrait bien aggraver la situation financière de l’Etat sur le long terme, et non pas l’améliorer. Elle impose de plus d’importants coûts à court terme (sociaux notamment) qui jouent en sa défaveur dans le cadre d’une analyse coûts-avantages.
DeLong J. Bradford and Summers, Lawrence H., "Fiscal Policy in a Depressed Economy", (20 mars 2012). Présentation et article disponibles sur le blog de Brad DeLong. Article téléchargeable au format pdf.
Résumé : This paper examines logic and evidence bearing on the efficacy of fiscal policy in severely depressed economies. In normal times central banks offset the effects of fiscal policy. This keeps the policy-relevant multiplier near zero. It leaves no space for expansionary fiscal policy as a stabilization policy tool. But when interest rates are constrained by the zero nominal lower bound, discretionary fiscal policy can be highly efficacious as a stabilization policy tool. Indeed, under what we defend as plausible assumptions of temporary expansionary fiscal policies may well reduce long-run debt-financing burdens. These conclusions derive from even modest assumptions about impact multiplier, hysteresis effects, the negative impact of expansionary fiscal policy on real interest rates, and from recognition of the impact of interest rates below growth rates on the evolution of debt-GDP ratios. While our analysis underscores the importance of governments pursuing sustainable long run fiscal policies, it suggests the need for considerable caution regarding the pace of fiscal consolidation in depressed economies where interest rates are constrained by a zero lower bound.
Un article commenté par Paul Krugman qui plaide en faveur de la relance aussi longtemps qu’une économie est dans une situation de trappe à liquidité. Une occasion de critiquer, dans "Blunder of Blunders" (22 mars 2012), les élites qui ont prôné l’austérité fin 2009 – début 2010, avec comme conséquences d’énormes coûts économiques et humains et peu ou pas de bénéfices.
Retour sur le Pacte budgétaire européen de mars 2012
Lors du Conseil européen des 1er et 2 mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernements ont signé un Pacte budgétaire, ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de l’Union économique et monétaire, qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013 (si 12 membres de la zone euro le ratifient en 2012). En fait, seuls 25 des 27 Etats de l’Union européenne ont signé ce Pacte budgétaire : le Royaume-Uni ne souhaitait pas être soumis à un tel contrôle supranational, tandis que le gouvernement tchèque craignait le référendum nécessaire à l’inscription dans sa constitution de la "règle d’or" budgétaire.
Voici quelques informations et commentaires.
Voici tout d’abord le texte du Conseil européen (pdf) : Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de l’Union économique et monétaire, accompagné du communiqué de presse et du discours de M. Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.
Pour aller à l’essentiel des principes de la "règle d’or" budgétaire et de son application, lire Les points-clés du Pacte budgétaire, un article en ligne du journal Le Monde (le 02/03/2012, mis à jour le 13/02/2012). La chronologie et les 16 articles du pacte sont également très bien expliqués dans un article du blog ContreLaCour (02/03/2012).
Une première analyse critique du traité peut être lue dans "L’austérité à marche forcée… 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire" (Les Dessous de Bruxelles, 08/03/2012), avec une traduction d’un article du Corporate Europe Observatory, "Automatic austerity" (01/03/2012). Dix éléments du Pacte budgétaire sont analysés et critiqués :
- Un "traité pour l’austérité"
- Un pilotage automatique
- L’austérité à perpétuité
- En cas de doute, la Cour européenne de justice aura le dernier mot
- Peu ou pas de flexibilité
- La méthode de calcul est biaisée, et stigmatise les dépenses sociales
- Il s’agit d’un outil politique – les calculs sont peu fiables, voire dangereux
- La zone euro est aux manettes
- Soumission et mise à l’amende des pays en déficit
- Le traité va entrer dans la législation européenne
Jérémie Cohen-Setton, Shahin Vallée ont effectué une revue de blogs sur le site de Bruegel ("Blogs review: The fiscal compact", 16 mars 2012). On peut y trouver un certain nombre de réactions au sujet des changements apportés par le nouveau Traité, de son opposition aux idées keynésiennes, des conséquences possibles des nouvelles règles et de l’incertitude qui pèse sur sa ratification.
On pourra également consulter les articles récents du blog de l’OFCE qui traitent du Traité :
- "Fallait-il renforcer le Pacte de stabilité et de croissance ?", (27 février 2012), avec une étude des trajectoires de convergence aux différentes règles de quatre pays, représentatifs de la zone euro de Jérôme Creel, Paul Hubert et Francesco Saraceno : "An Assessment of Stability and Growth Pact Reform Proposal in a Small Scale Marco Framework", Document de Travail de l’OFCE 2012-04.
- "Qui sème la restriction récolte la récession" (29 mars 2012), par le Département Analyse et Prévisions, sous la direction de X. Timbeau, article qui résume la note de l’OFCE n°16 donnant les perspectives de l’économie mondiale 2012-2013.
- "Les mesures d’austérité dans la zone euro ralentissent l’économie européenne" (4 avril 2012), au sujet d’un rapport conjoint de L’Institut de macroéconomie et de conjoncture (IMK) à la fondation Hans-Böckler, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et l’Institut autrichien de recherche économique (WIFO) soulignant que la crise dans la zone euro et les politiques d’austérité provoquent un ralentissement économique dans de nombreux pays européens et posent un fort défi à l’économie allemande cette année et l’année prochaine.
Toujours au sein de la blogosphère francophone, Jean Gadrey propose dans "Le contraire de l’austérité, c’est la prospérité, pas la croissance" (26 mars 2012) de réfléchir à une solution non forcément quantitative qui opposerait un "pacte d’austérité généralisée" à un "pacte de croissance" en Europe. Gilles Raveaud prédit pour sa part "toujours moins de services publics et d’aides sociales, et toujours plus d’instabilité économique, sociale, et politique" (lire :"Le Traité sur la stabilité : vers le chaos social et le KO de l’Europe", 14 mars 2012). Olivier Berruyer parle du "Traité européen de la semaine" (6 mars 2012) en disant qu’il est "suicidaire de le mettre en place maintenant".
Le mot de la fin pour Paul Krugman qui, à propos des nouvelles mesures d’austérité en Europe, écrit dans "Europe’s Economic Suicide" (15 avril 2012) :
This is, not to mince words, just insane. Europe has had several years of experience with harsh austerity programs, and the results are exactly what students of history told you would happen: such programs push depressed economies even deeper into depression. And because investors look at the state of a nation’s economy when assessing its ability to repay debt, austerity programs haven’t even worked as a way to reduce borrowing costs. [...]
What we’re actually seeing, however, is complete inflexibility. In March, European leaders signed a fiscal pact that in effect locks in fiscal austerity as the response to any and all problems. Meanwhile, key officials at the central bank are making a point of emphasizing the bank’s willingness to raise rates at the slightest hint of higher inflation.
So it’s hard to avoid a sense of despair. Rather than admit that they’ve been wrong, European leaders seem determined to drive their economy — and their society — off a cliff. And the whole world will pay the price.
Note de fin : vous le constatez, les "pro-austérité" ne sont pas beaucoup cités au sujet du Traité européen. Dans un soucis de présenter divers points de vue, je suis preneur de références contradictoires.
EconAcademics.org, agrégateur de blogs
La Banque régionale de St-Louis (Federal Reserve Bank of St-Louis) a lancé un agrégateur de blogs, EconAcademics.org, et "Ressources pour économistes" est désormais partenaire de cette initiative (cf. la liste des blogs).
L’objectif principal de cet agrégateur est de promouvoir les débats sur la recherche en économie dans la blogosphère en le rendant plus facile pour le lecteur curieux de trouver des contenus de qualité. Un objectif secondaire est d’encourager la discussion des questions économiques sur la base de travaux universitaire et non pas d’arguments politiques.
Le principe d’EconAcademics.org est de balayer de nombreux blogs afin de repérer les messages qui traitent de recherche économique. Les messages pertinents sont automatiquement sélectionnés après avoir vérifié que le billet comprend un lien vers au moins un des services de RePEc, déjà évoqués largement sur notre blog (EconPapers, IDEAS, or NEP).
Les liens du 8 avril 2012
- Europe’s Top Economics Blogs (03/04/2012). Cet article de Henning Meyer propose une liste intéressante de blogs économiques européens, dressée après un débat ouvert sur cette blogosphère made in Europe. "Ressources pour économistes" est cité, "Merci !".
- La dette publique de la France s’élève à 85,6 % du PIB selon les premiers résultats des comptes nationaux publiés fin mars par l’Insee. Zero Hedge, site américain mentionné par Philippe Herlin le 2 avril 2012, indique que la dette publique de la France s’élève à 146% du PIB. Cela dépend bien sûr ce que l’on compte dans la dette publique… Pour voir le calcul de Zero Hedge, lisez The True French Debt To GDP: 146%.
- Les mesures d’austérité dans la zone euro ralentissent l’économie européenne (blog OFCE, 4 avril 2012). L’Institut de macroéconomie et de conjoncture (IMK) à la fondation Hans-Böckler, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et l’Institut autrichien de recherche économique (WIFO) ont publié jeudi 29 mars un Rapport soulignant que la crise dans la zone euro et les politiques d’austérité provoquent un ralentissement économique dans de nombreux pays européens et posent un fort défi à l’économie allemande cette année et l’année prochaine.
- Econometeorology. Matt McDonald (economics21.org, 2 avril 2012), note qu’une nouvelle discipline économique semble avoir émergé au cours des derniers mois : econometeorology (écono-météorologie ?), l’explication de l’économie par le biais des conditions météorologiques. Cela me rappelle une petite blague sur les deux champs d’études : "Pourquoi Dieu a-t-il créé l’Economie ? Pour que les prévisions de la météorologie soient prises au sérieux".
- Welcome to Milton Friedman’s Century! 2012 est le centenaire de la naissance de Milton Friedman. Un anniversaire fêté comme il se doit grâce à une initiative du Free To Choose Network qui a mis en place un site dédié à cet évènement avec ressources, vidéos, concours, conférences, témoignages, etc.
- Enseigner la parité de pouvoir d’achat. Nick Rowe indique une bonne manière (en anglais) d’expliquer la PPA aux étudiants, à condition que l’un d’entre eux vienne d’un pays étranger dont on ne connaît pas le taux de change avec notre monnaie. Si ce petit exercice n’est pas possible, vous pouvez toujours utiliser le rappel de théorie économique (en français) que propose Captain Economics dans sa rubrique "Un peu de théorie ?".
Keynes vs Hayek, la rap battle
Russ Roberts, professeur d’économie à l’université américaine George Mason et John Papola, ancien producteur délégué de la chaîne Spike TV, ont eu la bonne idée de créer une série de vidéos mettant en scène l’opposition entre les prestigieux théoriciens que furent Friedrich August Hayek et John Maynard Keynes.
L’originalité de cette démarche est la manière de traiter le sujet, car les arguments des économistes sont mis en paroles et en musique dans une version hip-hop, dans des clips dont l’esthétisme et le scénario sont dignes de productions hollywoodiennes. Le succès de ces mini-films ne s’est pas fait attendre avec des millions de vues sur YouTube. La musique, la mise en scène, le jeu des acteurs, les répliques cinglantes ont vite convaincu les enseignants d’utiliser cet outil multimédia dans leurs enseignements d’économie et les étudiants ont pu découvrir un support de cours aussi divertissant qu’instructif.
Pour ceux d’entre vous qui auraient raté ces "pépites" voici la première ("Fear the Boom and Bust") et la dernière ("Fight of the Century") vidéo de la collection, dans des versions sous-titrées en français disponibles sur internet.
Craindre l’essor et la chute
Fear the Boom and Bust, publiée le 22 juin 2010
Dans cette première vidéo, John Maynard Keynes et F. A. Hayek revivent pour participer à une conférence sur la crise économique. Avant que la conférence ne débute, Lord Keynes entraîne F.A. Hayek dans une sortie nocturne en ville, l’occasion de débattre sur les raisons du cycle "d’essor et de chute" dans les économies modernes et des craintes qu’il engendre.
Le combat du siècle
Fight of the Century, publiée le 28 avril 2011
Dans "Le combat du siècle", les deux économistes s’affrontent à l’occasion d’une audition parlementaire, dont le débat officiel se transforme en match de boxe. Chacun des deux orateurs donne son explication de la crise économique actuelle et propose ses solutions.
D’autres vidéos et mini-documentaires sont disponibles sur le site http://econstories.tv
Les liens du 31 mars 2012
- "Pourquoi je quitte Goldman Sachs". La Chronique Agora a traduit et publié le 15 mars un article de Greg Smith, ancien responsable des ventes de produits dérivés basé à Londres chez Goldman Sachs, expliquant sa démission. Publié à l’origine dans le New York Times du 14 mars 2012, ce texte a fait son petit effet dans le monde de la finance… et la une des journaux un peu partout dans le monde. Une lecture édifiante…
- Revues gratuites (De Gruyter). De Gruyter vient d’ajouter 100 revues à sa collection et pour fêter cet évènement offre un aperçu de ses nouveaux titres en économie. Tous les articles publiés en 2011 et 2012 sont ainsi mis gratuitement à la disposition des internautes. Pour voir la liste de ces revues, cliquez ici.
- La crise n° 19. Nous avions déjà parlé de la lettre "plus ou moins trimestrielle" d’Henri Regnault sur le blog, et bien voici la 19e édition intitulée "Le massacre des innocents" publié en mars 2012. L’auteur explique comment les effets pervers des contrats entre agents économiques ont engendré des situations catastrophiques pour de nombreux innocents de la crise. Le cadre législatif qui encadre les relations entre ces agents doit alors être modifié.
- Toujours au sujet de la crise, voici une chronologie de la crise dans la zone euro (Place du Luxembourg) qui ne manque pas d’intérêt car chaque date importante renvoie vers d’autres ressources.
- BRICS Summit 2012. Le quatrième sommet des grandes puissances émergentes, les "Brics"» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), s’est achevé jeudi 29 mars 2012 à New Delhi, en Inde. Vous retrouverez sur le site internet officiel quelques informations sur le sommet (vidéo, discours, stats, etc.). Les participants ont notamment plaidé pour la création d’une nouvelle banque de développement (cf. article de RFI). Une intention qui est encore loin d’être une réalisation concrète, comme le souligne Eco Infos Mondes qui juge le sommet "décevant, comme d’habitude…"
- Determinants of Growth and Inflation in Southern Mediterranean Countries, Leonor Coutinho. Un document du CEPS (Centre for European Policy Studies) publié le 16 mars 2012. Cette étude analyse les différences dans les performances de croissance et la stabilité macro-économique entre les pays méditerranéens et dégage certaines leçons pour l’avenir.
- Nous avons parlé cette semaine dans la rubrique "Blogs économiques" de la revue de blogs de Bruegel. Le dernier article publié date du 30 mars et s’intitule "The Gold Standard and the Euro".
- Real effective exchange rates for 178 countries: a new database (15 mars 2012). Toujours sur Bruegel.org j’avais remarqué ce travail important réalisé par Zsolt Darvas afin de construire une base de données des taux de change effectif réel pour un nombre record de pays (178) par rapport aux bases disponibles par ailleurs (ex. : Banque mondiale, etc.). Cette base de données est téléchargeable au format Excel en cliquant ici.
- The Crisis Aftermath: New Regulatory Paradigms. Ce nouveau rapport électronique du CEPR édité par Mathias Dewatripont et Xavier Freixas (30 mars 2012) est consacré à l’étude des origines de la prise de risque excessive dans le secteur bancaire. Ce faisant, il fournit les éléments d’analyse nécessaire pour examiner rigoureusement la politique de réglementation bancaire actuellement en métamorphose.
- Finance et développement (n° 49, mars 2012). Ce numéro qui consacre la plus grande partie de ces pages à la place des jeunes dans l’économie avec leurs difficultés et leurs opinions, est l’occasion pour moi de signaler pour ceux d’entre vous qui ne le connaissent pas le magazine trimestriel du FMI.
Les liens du 23 mars 2012
- Les étudiants sont-ils toujours tentés par la finance ? Christian Chavagneux (20/03/2012) : "A priori, la réaction est différente des deux côtés de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, la crise semble affaiblir les vocations, ce qui ne semble pas être le cas en France".
- Review of Keynesian Economics, une nouvelle revue scientifique dont le premier numéro paraîtra en octobre 2012.
- Évaluation de l’impact du revenu de solidarité active (RSA) sur l’offre de travail, Philippe Briard, Olivia Sautory, Document d’études de la DARES, mars 2012 (format pdf).
- Consensus, Dissensus and Economic Ideas: The Rise and Fall of Keynesianism During the Economic Crisis, Henry Farrell, John Quiggin. Les auteurs de cet article actuellement en cours de soumission à une revue mettent leur article en téléchargement afin de recueillir des critiques. Ils s’interrogent en particulier sur les processus qui gouvernent l’évolution des idées économiques.
- The Dynamics of the Chicago / MIT Dispute, Yann Giraud, Blog History of Economics Playground, 5 mars 2012.
- The logic and fairness of Greece’s programme, Olivier Blanchard sur Voxeu.org, 23 mars 2012.
- Quelques réactions aux conférences de Ben S. Bernanke : Anti-Bernanke (G. Selgin) ; Bernanke Denies Fed Rate Policy Caused Housing Bust (K. Peterson, J. Sparshott) ; Ben Bernanke Tries To Convince America That The Federal Reserve Is Good And The Gold Standard Is Bad (The Economic Collpase) ; Bernanke, as Professor, Tries to Buff Fed’s Image (NY Times) ; Bernanke Deep’s Understanding (D. French) ; Ben Bernanke: Inflationist Jackass, Devoid of Common Sense, and Clueless About Trade, Debt, History, and Gold (M. Shedlock).
- Are the Good Times Never Coming Back? (blog Economix du NY Times, 22 mars 2012). Un grand nombre d’économistes sont convaincus que les Etas-Unis ne se relèveront jamais complétement de la crise actuelle. A lire sur ce sujet : Disentangling the Channels of the 2007-2009 Recession (pdf), James H. Stock and Mark W. Watson, papier préparé pour the Brookings Panel on Economic Activity, 22-23 mars 2012.
- Latin America: Making the Good Times Last, Nicolás Eyzaguirre, Director of the IMF’s Western Hemisphere Department (IMFDirect, 22 mars 2012). Une prévision de croissance pour la région.
Les liens du 16 mars 2012
- Accords commerciaux régionaux. L’OMC a lancé le 14 mars 2012 une nouvelle base de données sur les arrangements commerciaux préférentiels. Après quatre années de négociations et un an de travail des Membres de l’OMC sur les mesures de mise en œuvre et la collecte de données, l’OMC a lancé une nouvelle base de données accessible au public sur les régimes préférentiels non réciproques.
Cette base de données contient des renseignements sur les arrangements commerciaux préférentiels (ACPr) mis en œuvre par les Membres de l’OMC. Elle fait suite à une décision de l’OMC sur l’établissement de Mécanisme pour la transparence des ACPr, adoptée en décembre 2010. Dans le contexte de cette décision, les ACPr désignent des programmes préférentiels non réciproques, distincts des accords commerciaux régionaux (ACR), qui sont couverts par le Mécanisme pour la transparence des ACR.
- Politiques macroprudentielles. Macroprudential policy: What instruments and how to use them? Lessons from country experiences, Francesco Columba, Alejo Costa, Cheng Hoon Lim (Vox, 16 mars 2012). Un retour sur les instruments des politiques macroprudentielles (déjà évoqués sur le blog ici), mais comme les auteurs citent certains travaux sans en donner les références, je vous indique ces articles utiles :
- Borio, Claudio (2011) "Implementing a Macroprudential Framework: Blending Boldness and Realism", Capitalism and Society: Vol. 6: Iss. 1, Article 1.
(téléchargeable au format pdf) ;
- Lim et al. (2011), "Macroprudential Policy: What Instruments and How to Use Them? Lessons from Country Experiences", IMF Working paper, WP/11/38 (téléchargeable au format pdf) ;
- Viñals J. (2011), "The Do’s and Don’ts of Macroprudential Policy",European Commission and ECB Conference on Financial Integration and Stability,Brussels, 2 May 2011 (format html). - Industrie automobile. Site du réseau international GERPISA (Groupe d’Etude et de Recherche Permanent sur l’Industrie et les Salariés de l’Automobile). Le GERPISA, initialement réseau francais de chercheurs en économie, gestion, histoire et sociologie, travaillant sur l’industrie automobile, créé a l’initiative de Michel Freyssenet (sociologue CNRS) et Patrick Fridenson (historien EHESS), a été transformé en réseau international en 1992.
- Théorie des jeux. En l’absence de portail francophone dédié à ce thème, je renvoie les internautes vers Economic and Game Theory (David K. Levine), Game Theory.net ou Game Theory, Experimental Economics, and Market Design Page (Al Roth). Si vous connaissez d’autre ressources utiles (en français) merci de me les signaler en commentaire.
- Statistique et économétrie. Freakonometrics est le nom d’un blog consacré à la statistique et à l’économétrie par Arthur Charpentier, du Département de mathématiques de l’Université du Québec à Montréal.
- Genre. "Le sexe de l’économie" (15 mars 2012). Un texte court de Jean Gadrey pour le site "Les nouvelles News" (site paritaire) au sujet de la dimension sexuée de l’économie, en introduction à un colloque à venir (lui aussi paritaire), le 29 mars, intitulé "Le deuxième sexe de l’économie".
Pour éviter le krach ultime
Une conférence de Pierre Larrouturou, 23/11/11
Source : Université Populaire de Bruxelles
D’aucuns pourraient penser que les périls actuels constituent une crise parmi les autres. D’autres, au contraire, insistent sur l’ampleur inédite de la crise qui se prépare et postulent du fait que les événements de 2008 ne sont que la première vague annonçant le tsunami socio-économique à venir.
Pierre Larrouturou nous livre ici un constat alarmant, à grand renforts de chiffres méconnus. Car il faut prendre la mesure de l’importance de la menace. Mais il nous donne aussi de l’espoir en cherchant notre puissance d’agir pour œuvrer contre la catastrophe annoncée.
Les images illustrant l’exposé du conférencier n’étant pas toujours affichées dans la vidéo, vous les retrouverez dans la présentation powerpoint qui peut être téléchargée grâce au lien suivant : présentation de Pierre Larrouturou (format ppt).
Les prévisions économiques des grandes institutions
Voici un petit panorama (non-exhaustif) des institutions proposant des prévisions et des perspectives économiques.
Les Perspectives de l’économie mondiale présentent l’analyse de l’évolution économique au niveau mondial et les projections des services du FMI, par grands groupes de pays (classés par région géographique, selon le stade de développement, etc.) ainsi que dans plusieurs pays individuels. Les rapports portent essentiellement sur les grandes questions économiques, ainsi que sur l’analyse de l’évolution et des perspectives économiques. Ils sont en général préparés deux fois par an, à titre de documentation de référence pour les réunions du Comité monétaire et financier international, et constituent le principal instrument des activités de la surveillance multilatérale du FMI.
Le Groupe d’étude des perspectives de développement (DECPG) fournit des informations, des analyses et des conseils sur les tendances générales de l’économie mondiale, et plus particulièrement sur le commerce, les flux financiers, les prix des produits de base et les envois de fonds des travailleurs à l’étranger, ainsi que sur l’impact de ces tendances sur les pays en développement. Les projections globales du Groupe étayent les projections nationales et régionales et sont au coeur des activités de suivi à court terme de la Banque mondiale. Le rapport Perspectives économiques mondiales publié chaque année fournit notamment une analyse détaillée des grands thèmes mondiaux à l’ordre du jour et présente les perspectives de l’économie mondiale.
Deux fois par an, les Perspectives économiques de l’OCDE analysent les tendances majeures et les principaux facteurs qui déterminent les perspectives économiques à court terme. Pour chaque pays membre sont détaillées les politiques économiques les plus à même de favoriser la croissance économique.
La DG ECFIN présente des prévisions macroéconomiques à court terme deux fois par an, au printemps et en automne. Ces prévisions complètes se focalisent sur les États membres, la zone euro et l’Union européenne, mais elles examinent également les perspectives de pays candidats et de certains pays n’appartenant pas à l’UE. Ces prévisions bénéficient toutes d’un horizon temporel minimum de deux ans (avec une année supplémentaire ajoutée à chaque automne), couvrant l’année en cours et la suivante. Le processus de prévision prend en considération un total de 180 variables et est le résultat de plusieurs calculs itératifs. Des prévisions intermédiaires sont également publiées entre les prévisions principales afin d’actualiser ces dernières.
Actualités (en français) : des synthèses de ces prévisions (principales et intermédiaires) sont également publiées en français dans les actualités de la Commission européenne.
La direction générale du Trésor réalise, pour le ministre et le gouvernement, des prévisions macroéconomiques à court et moyen terme pour la France et pour ses principaux partenaires commerciaux, sur lesquelles s’appuie une prévision des finances publiques.
L’Insee publie, chaque année, trois notes de synthèse conjoncturelle (une centaine de pages- commentaires sur la situation, des dossiers et des études) ) et un Point conjoncturel (six pages). L’Insee publie également l’Euro-zone economic outlook, prévisions de court terme pour le trimestre en cours et à venir du PIB, de la consommation, de la production industrielle et de l’inflation dans la zone euro.
Le département Analyse et prévision de l’OFCE réalise deux fois par an, au printemps et à l’automne, des prévisions de l’économie mondiale et de l’économie française à l’horizon de deux ans.


