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Les liens du 3 mai 2012
Articles de blogs qui ont retenu mon attention :
- La France a-t-elle trop de dépenses publiques ? (Christian Chavagneux, 02/05/2012)
- Le moins que nous puissions faire pour l’Egypte (Daron Acemoglu et James A Robinson, Project Syndicate, 01/05/2012)
- The World Bank’s Wrong Choice (Jagdish Bhagwati, Project Syndicate, 01/05/2012)
- About Development Economics (Shanta Devarajan, Kalpana Kochhar, Indermit Gill, World Bank blogs, 01/05/2012)
- Etats-Unis : La bombe à retardement des étudiants endettés (Le blog a lupus, 30/04/2012)
- Les comparaisons France-Allemagne me fatiguent… (Olivier Bouba-Olga, 29/04/2012)
- Arab Countries in Transition Under the Spotlight (Masood Ahmed, iMFdirect – The IMF Blog, 29/04/2012)
- La vraie leçon économique que la Chine pourrait nous donner (Robert Reich, Les-crises.fr, 28/04/2012)
- How did US and EU trade policy withstand the Great Recession? (Chad P Bown et Meredith Crowley, Voxeu, 28/04/2012)
- Blogs review: new facts and arguments in the austerity debate (Jérémie Cohen-Setton, Michiel Bijlsma, Bruegel Blog, 27/04/2012)
- Corrélation n’est pas causalité, ou l’argument d’autorité (Meng Hu, Analyse économique, 27/04/2012)
- The Return of Schools of Thought Macro (Simon Wren-Lewis, Mainly Macro, 27/04/2012)
- Classes moyennes : peurs infondées ou réelles difficultés? (Louis Chauvel, OFCE le blog, 27/04/2012)
- Industrial policy: the missing link in the new EU cohesion package (Benedicta Marzinotto, Bruegel Blog, 26/04/2012)
Documents et sites internet :
- La carte interactive de la récession dans l’Union européenne. Passez la souris sur les pays pour voir qui est (ou était) "dans le rouge".
- Glossaire économique et financier : toujours utile (site web du Trésor)
- Le forum du blog d’éconoclaste fonctionne à nouveau (le 29/04/2012). Il possède de nombreuses rubriques pour poser vos questions relatives à l’économie, donner des réponses ou débattre (inscription nécessaire).
- Remittance flows in 2011 – an update (pdf. 23/04/2012). Une mise à jour de la Banque mondiale (Migration and Development Brief n° 18). Au sujet des "remises" voir également l’article avec une infographie intéressante parue dans The Economist le 28/04/2011 intitulé "Remittance corridors. New rivers of gold. Remittances from unlikely places are helping poor countries in the downturn"
- Middle East and North Africa: Economic Outlook and Key Challenges (IMF Staff, 20/04/2012). La dernière évaluation macro-économique du FMI.
- Revue de la Stabilité Financière (Banque de France) : revue en accès libre (dernier numéro : avril 2012 – "Dette publique, politique monétaire et stabilité financière").
- CEREQ : Quand l’école est finie… Premiers pas dans la vie active d’une génération, enquête 2010 (2012), ouvrage coordonné par Jean-Jacques Arrighi téléchargeable au format pdf. "Ce document présente, sous forme de fiches synthétiques, l’essentiel des données qui caractérisent les conditions d’insertion de la génération sortie de formation initiale en 2007. Présentés par grands niveaux de diplômes, les données concernent notamment : le premier emploi, le premier employeur, l’évolution salariale, les déclassements et les reclassements de début de carrière, la situation relative des jeunes femmes, ou encore l’effet d’une domiciliation en Zus. Cet ouvrage permet de mieux comprendre et analyser un problème énoncé de façon trop souvent réductrice : celui du chômage des jeunes."
- Antonella Stirati : "Employment theory in the History of Economic thought: an overview", Departmental Working Papers of Economics – University ‘Roma Tre’ n° 0148 (avril 2012, téléchargeable au format pdf). Intéressant de voir (ou revoir) la question de l’emploi dans l’histoire de la pensée économique.
- Le taux de chômage à 10,9% dans la zone euro (communiqué Eurostat du 2 mai 2012, pdf) : record battu ! (Le Monde)
Rapport sur le travail dans le monde 2012 : le piège de l’austérité
Créé en 1960 par l’Organisation Internationale du Travail en tant que centre d’études avancées dans le domaine social et dans celui du travail, l’Institut international d’études sociales (International Institute for Labour Studies – IILS) produit le "Rapport sur le travail dans le monde".
L’édition 2012 de ce Rapport a été publiée le lundi 30 avril 2012. Elle s’intitule "De meilleurs emplois pour une économie meilleure".

La situation de l’emploi dans le monde est jugée à la lumière des politiques d’austérité comme l’indique le titre de la préface rédigée par Raymond Torres, directeur de l’IILS : "Comment sortir du piège de l’austérité".
Car les chiffres sont inquiétants, comme le précise le résumé du rapport :
Au cours de l’année écoulée, les marchés du travail ont subi les effets du ralentissement de la croissance mondiale. Cela pose d’autant plus problème que le marché du travail n’avait pas encore entièrement récupéré après la crise mondiale survenue en 2008 : environ 50 millions d’emplois font toujours défaut par rapport à la situation qui prévalait avant la crise (chapitre 1). Il est peu probable que l’économie mondiale croisse à un rythme suffisant ces deux prochaines années pour, simultanément, combler le déficit d’emplois actuel et fournir du travail à plus de 80 millions de personnes qui devraient arriver sur le marché du travail au cours de la même période.
La situation est particulièrement préoccupante en Europe, où quelque 202 millions de personnes seront au chômage en 2012 (6 millions de plus que l’an passé) selon l’OIT. Mais la reprise de l’emploi est également au point mort dans d’autres pays avancés comme les Etats-Unis ou le Japon. Après 4 années de crise, les déséquilibres du marché du travail sont devenus plus structurels avec des effets néfastes importants (exclusion des chômeurs de longue durée, précarité des emplois, troubles sociaux notamment).
Pour l’OIT cette dégradation est l’illustration des politiques d’austérité et d’assouplissement de la réglementation du travail, surtout en Europe. Les mesures prises, visant à rassurer les marchés financiers et à préparer une reprise de la croissance, n’ont pas eu les effets escomptés (cf. exemples de la Grèce et de l’Espagne). Au sujet de l’austérité, le résumé du rapport indique que :
La raison fondamentale de cet échec est que ces politiques – appliquées dans un contexte de débouchés limités pour les entreprises, avec la circonstance aggravante d’un système bancaire aux prises avec un processus de «désendettement» – sont incapables de stimuler l’investissement privé. Le piège de l’austérité est en train de se refermer. Dans les faits, l’austérité s’est traduite par une faible croissance économique, une volatilité accrue et une détérioration des bilans des banques qui débouche sur une contraction supplémentaire du crédit, une baisse de l’investissement et, par conséquent, de nouvelles pertes d’emplois. Paradoxalement, cela a aussi altéré les budgets des gouvernements, exigeant encore plus d’austérité. De plus, il n’y a guère eu de progrès en matière de déficits budgétaires dans les pays qui mènent avec détermination des politiques de rigueur.
Le rapport propose ensuite une approche alternative qui permettrait d’échapper à ce piège de l’austérité. Cette approche repose sur trois recommandations déjà proposées dans le rapport de 2011 :
Premièrement, les institutions du marché du travail devraient être renforcées afin que les salaires augmentent au même rythme que la productivité, en commençant dans les pays excédentaires. [...]
Deuxièmement, il est primordial de restaurer les conditions du crédit et de créer un environnement économique plus favorable aux petites entreprises. [...]
Troisièmement, il est possible de promouvoir l’emploi tout en respectant des objectifs budgétaires.
Sur ce dernier point, le Rapport indique que des scénarios alternatifs neutres d’un point de vue budgétaire pourraient être plus profitables à l’emploi. Par exemple, dans les pays avancés une augmentation des dépenses d’investissement public et d’avantages sociaux – d’1 point de pourcentage chaque année – financée par une augmentation des recettes provenant de la fiscalité indirecte (scénario 1), permettrait de créer 2,1 millions d’emplois entre le 2e trimestre de 2012 et le 2e trimestre de 2013. Un deuxième scénario, dans lequel les dépenses seraient financées en partie par une diminution des intérêts sur la dette publique et en partie par une augmentation du ratio impôts directs /recettes totales, permettrait de créer 1,8 millions d’emplois dans la même période. Ces estimations sont à comparer avec la poursuite de la mise en œuvre des politiques d’austérité de 2011 (scénario 3), qui aboutiraient à la création de seulement 800 000 emplois, comme le montre le graphique ci-dessous issu du Rapport :
De manière fondamentale, le Rapport préconise un retour vers une stratégie de retour à la croissance et d’emploi, avec des modalités différentes selon les groupes de pays (efforts sur les investissements publics et la protection sociale dans les pays émergents ou en développement, soutien aux personnes sans emploi dans les économies avancées).
Encore faut-il le vouloir… Le Rapport invite ainsi les pays à considérer que les mesures favorables à l’emploi sont bénéfiques pour l’économie et que la finance ne doit pas "donner le ton" pour l’élaboration des politiques. Une invitation qui est accompagnée de suggestions pour sa mise en application : mise en place d’observatoires indépendants chargés d’évaluer l’impact des politiques d’emploi, constitution d’un forum consultatif national favorisant le débat entre gouvernements et partenaires sociaux, propositions de réforme de la gouvernance mondiale. Une "mission délicate" peut-on lire en fin de résumé du Rapport.
Liens :
- Page de présentation (en français) du Rapport sur le site de l’OIT
- Téléchargement du Rapport (version anglaise, pdf)
- Téléchargement du résumé du Rapport (version française, pdf)
- Page d’accueil de l’Institut international d’études sociales (liens vers les "Rapports sur le travail dans le monde" antérieurs)
Les marchés du travail de l’OCDE dans la grande récession (Prof. C. Pissarides)
Une conférence de la London School of Economics : "OECD Labour Markets in the Great Recession" par le professeur Christopher Pissarides.
(conférence enregistrée le 9 février 2012)
Le podcast audio (mp3) et le diaporama de la conférence (pdf) sont disponibles ici.
Christopher Pissarides est professeur à la London School of Economics. Il a reçu le prix Nobel d’économie en 2010, étant co-lauréat avec Dale Mortensen et Peter Diamond, pour ses travaux sur les politiques du marché du travail et la lutte contre le chômage.
Tendances mondiales de l’emploi
Les rapports annuels sur les Tendances mondiales de l’emploi (TME) de l’Organisation internationale du Travail (OIT) fournissent les estimations régionales et mondiales les plus récentes de l’emploi et du chômage, de l’emploi par secteur, de l’emploi vulnérable, de la productivité du travail et de la pauvreté au travail, tout en analysant les problèmes et tendances des marchés du travail nationaux.
http://www.ilo.org/global/publications/books/global-employment-trends
Tendances mondiales de l’emploi 2012:
prévenir une crise plus grave des marchés de l’emploi
Selon le rapport annuel de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur l’emploi mondial, paru le 24 janvier 2012, le monde est confronté au "défi pressant" de créer 600 millions d’emplois productifs au cours des dix prochaines années en vue de générer une croissance durable et de préserver la cohésion sociale. Le rapport annuel du BIT sur les tendances mondiales de l’emploi présente les dernières tendances et projections régionales et mondiales basées sur une série d’indicateurs du marché du travail, notamment l’emploi, le chômage, le nombre de travailleurs pauvres et l’emploi vulnérable.
Liens :
- Les conclusions du rapport en infographie
- Lire le communiqué de presse
- Résumé analytique (pdf, en français)
- Rapport intégral (pdf, en anglais)
