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Archives de la catégorie ‘Métier : économiste’

Comparez le référencement des revues avec Journal Base

16 mai 2012 Poster un commentaire

A la suite de mon précédent article intitulé "Dans quelle revue publier ?", voici une ressource que je me devais obligatoirement de signaler. En effet, Journal Base est une base de données très utile car elle permet de vérifier le référencement des revues en sciences humaines et sociales dans plusieurs listes : celles du Web of Science (Thomson Reuters) : Social Sciences Citation Index (SSCI) et Arts & Humanities Citation Index (AHCI), de Scopus (Elsevier), de l’ERIH (Europe) et de l’AERES (France). La page d’accueil du site décrit l’historique du projet et mentionne les travaux préparatoires ou liés à Journal Base.

Les revues en science économique sont référencées dans trois ces listes (déjà évoquées sur notre blog) : SSCI, Scopus et AERES. A l’aide de Journal Base vous pourrez donc vérifier si une revue figure dans l’une ou plusieurs de ces listes. Le moteur de recherche du site vous permettra de rechercher rapidement une revue et ainsi de trouver plusieurs renseignements la concernant : champ disciplinaire, site web, langue de publication, éditeur, pays de l’éditeur, statut (libre d’accès ou payant),  tableau comparatif de son référencement dans le WOS, Scopus, ERIH et AERES pour les années 2009  et 2010.

A titre s’exemple, voici le résultat de la recherche pour le Journal of Economic Literature :

Si vous voulez afficher toutes les revues en économie, cliquez sur Recherche simple, puis sur Discipline dans le premier menu déroulant et Economie dans le deuxième.

Vous l’aurez peut-être remarqué, Journal Base ne prend pas en considération la catégorisation des revues de la section 37 du CNRS. Il vous faudra donc consulter cette liste en plus si vous voulez connaître l’importance d’une revue selon cette catégorisation (cf. notre article sur le classement des revues en économie et gestion du CNRS). De même, en fonction des objectifs de publication, l’auteur pourra consulter également les listes Econlit et Harzing.

Dans quelle revue publier ?

16 mai 2012 Poster un commentaire

Avant de répondre à cette question, un petit rappel s’impose au sujet des différentes catégorisations et classements disponibles établis pour les revues en économie et en gestion. Il est ensuite important de connaître les exigences de chaque organisme d’évaluation (AERES, CNU, etc.) vis à vis de ces classements, en gardant à l’esprit que le jugement de l’activité d’un chercheur ou d’un enseignant-chercheur n’est pas uniquement basé sur la publication d’articles dans des revues. La question de la bibliométrie sera abordée dans un autre article du blog, même si certaines listes de revues à la source de l’analyse bibliométrique seront rapidement évoquées.

Les listes de revues en économie et gestion

  • EconLit Journal List. Liste de revues figurant dans la base de données bibliographique en ligne de l’American Economic Association (AEA). Cette liste a l’avantage est d’être très large et non hiérarchisée. Elle intègre de nombreuses revues non anglo-saxonnes ou françaises.
  • Liste CNRS (section 37) : catégorisation des revues en économie et gestion, établi par la section 37 du Comité National de la Recherche Scientifique. Dans ce document de référence, les revues sont classées en plusieurs grands domaines thématiques. Au sein de chaque domaine, les revues sont également ordonnées en 4 grandes catégories par ordre d’importance décroissante (1, 2, 3 et 4). Cette liste ne tient compte que des revues en langue française ou anglaise.
  • Harzing Journal Quality List (JQL). Liste établie par Anne-Wil Harzing depuis la fin des années 1990. Elle est constitué d’une compilation de différents classements internationaux (revues de plusieurs langues).
  • Liste AERES : l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur a établi une liste des revues en économie et gestion pour caractériser un enseignant-chercheur ou chercheur comme “produisant” et pour procéder à l’évaluation des unités de recherche. Les revues considérées dans cette liste appartiennent aux 3 listes citées précédemment :  liste Econlit, liste de la section 37 du CNRS et liste Harzing.

Il est également important de signaler les deux listes du Web of Science et de Scopus, qui sont les principales bases pour l’analyse bibliométrique en économie et gestion (il en existe d’autres, nous en parlerons dans un prochain article consacré à la bibliométrie) :

  • Wos-SSCI. Web of Science (Thomson Reuters) est une base de données bibliographiques universitaire en ligne (payante) fournie par l’Institute for Scientific Information (ISI). Elle permet notamment l’accès au Social Sciences Citation Index (SSCI), qui indexe les publications d’un grand nombre de revues en sciences sociales (cf. liste), choisies selon des critères de sélection très sévères (langue anglaise de référence). Depuis leur création en 1964, les Citation Index (SSCI ; Science Citation Index Expanded : SCI-EXPANDED ; Arts & Humanities Citation Index : A&HCI) se sont imposés comme une source unique et de référence pour la citation des articles et les calculs de facteurs d’impact.
  • Scopus (Elsevier). La base de citations Scopus lancée en 2004 par le groupe d’édition néerlandais Elsevier est venue concurrencer le monopole mondial détenu jusque là par Thomson. Scopus offre une plus grande couverture des Sciences Humaines et Sociales et des journaux non anglophones (cf. liste). Scopus est lui aussi payant.

Critères d’évaluation

Le Conseil national des universités (CNU), qui est l’instance nationale se prononçant sur les mesures relatives à la qualification, au recrutement et à la carrière des enseignants-chercheurs de l’Université française, précise les critères à respecter pour la qualification à la fonction de Maître de Conférences (pour une présentation plus globale des recrutements, promotions et reclassements, voir le site de la section 05 du CNU) :

La section s’assure de la capacité des candidats à enseigner l’économie et à mener une activité de recherche dont les résultats soient diffusés. Si la thèse peut quelques fois suffire à établir l’aptitude des candidats, le plus souvent la section exige des critères permettant d’objectiver son diagnostic : la capacité à enseigner est formellement établie par une liste d’enseignements d’économie, les qualités de chercheur sont attestées par des publications dans des revues d’économie au sens large (celles de la liste EconLit servent de référence mais celles de la section 37 du CNRS sont aussi mobilisées). Les activités de communication scientifique (communications à colloques et conférences) sont prises en considération en quantité et en qualité.

L’évaluation des chercheurs du CNRS se fonde sur des critères spécifiques ; la section 37 du Comité National de la Recherche Scientifique ‎rappelle que l’évaluation des chercheurs porte sur l’ensemble de leur activité :

Cependant, elle (NDA : la liste des revues de la section 37 du CNRS) n’est en aucun cas utilisée pour effectuer un travail purement comptable ou automatique de l’activité de recherche. L’originalité et la portée des travaux et de la démarche scientifique priment sur le support de diffusion, même si l’effort de publier régulièrement dans des supports exigeants et/ou de grande audience est une composante non négligeable de l’activité d’un chercheur. La section tient bien-sûr compte des publications dans des ouvrages ou des actes ; un ouvrage de référence est par exemple particulièrement apprécié pour les promotions au niveau des directeurs de recherche.
En outre, l’évaluation notamment des chercheurs porte sur l’ensemble de leur activité. Les critères de la section sont disponibles sur http://www.cnrs.fr/comitenational/sections/critere/section37.htm. A titre d’exemples, l’encadrement d’étudiants, la direction de thèses ou la gestion de la recherche sont considérés comme des activités essentielles dans une carrière de chercheur.

L’AERES utilise (entre autres) comme critère d’évaluation le nombre de chercheurs ou d’enseignants-chercheurs "produisant" au sein d’une unité. La dernière définition de cette notion de chercheur "produisant" est la suivante  :

La règle de base pour être reconnu enseignant-chercheur ou chercheur “produisant” est, sauf exception, d’avoir publié pendant la période de référence (à savoir janvier 2006 à août 2010 pour la vague B) au moins 2 articles (respectivement 4 articles pour les chercheurs) dans les revues appartenant à la liste AERES. (AERES, Liste des revues AERES pour le domaine économie-gestion (pdf), mise à jour le 16/06/10, p.1)

Choix d’une revue

Les listes utilisées par les organismes chargés de l’évaluation des chercheurs et enseignants-chercheurs sont donc différentes ; elles font également l’objet de critiques (ici ou ). Mais une publication dans une revue figurant en bonne place dans la liste du CNRS est toujours un atout pour l’entrée dans la carrière (qualification au CNU et recrutement de MCF notamment) et l’avancement. Dans l’optique de l’évaluation collective d’une unité et de l’attribution du qualificatif de "chercheur produisant", des publications dans des revues de la liste AERES sont suffisantes. Même si le critère du nombre de publication n’est pas le seul à rentrer en ligne de compte, il est de nos jours de plus en plus important pour un chercheur, à titre individuel et collectif, de publier dans les meilleures revues. La consultation des listes de revues (régulièrement révisées) est donc indispensable. Signalons à ce propos que le site Journal Base (cf. notre article à ce sujet) permet de comparer le référencement des revues dans plusieurs listes (SSCI, Scopus et AERES notamment).

Le choix d’une revue pour la soumission d’un article doit donc être guidé par la notoriété dont bénéficie cette revue (appartenance à une liste de référence, importance du facteur d’impact, composition du comité scientifique) mais aussi et surtout par d’autres critères qu’il convient de ne pas perdre de vue : spécialisation de la revue (pour un jeune chercheur, le choix peut se limiter à quelques revues dans lesquelles publient déjà les membres du laboratoire ou la communauté scientifique de son champ de recherche), frais, périodicité et délais de publication (qui peuvent aller de 6 mois à plus d’un an), nombre de tirages et politique de cession des droits (une revue à fort tirage et qui autorise la mise en ligne de l’article dans une archive ouverte permet de toucher un plus grand nombre de lecteurs et éventuellement d’être cité un plus grand nombre de fois). En raison de la lenteur du processus (examen par les "referees", demande de révisions, délai de publication) il est conseillé de choisir une revue le plus tôt possible et de se conformer à la lettre aux instructions données aux auteurs.

Au sujet de la déontologie des économistes

24 avril 2012 2 commentaires

Certains experts économistes sont-ils sous l’influence de grands groupes privés industriels ou financiers ? Sont-ils de ce fait vraiment honnêtes dans leur discours ou en situation de conflit d’intérêts ? Ces "experts" sont-ils vraiment compétents et seraient-ils aussi crédibles si leurs activités annexes étaient mieux connues ? N’ont-ils pas eu une part de responsabilité dans l’incapacité générale à prévoir la crise financière ?

Pour tout savoir (ou presque) sur les réponses apportées à ces questions, j’ai regroupé dans un journal personnel sur Scoop.it! intitulé "Indépendance des économistes" quelques références à des articles et documents utiles dont voici la synthèse :

Historique

La déontologie de certains économistes fait donc l’objet de débats passionnés. Ce problème n’est pas nouveau, comme le rappelle Christian Chavagneux sur son blog citant des auteurs du début du 20e siècle ("Des économistes au-dessus de tout soupçon ?") ; il est typique des périodes d’euphorie financière. En ce qui concerne l’histoire récente de ce sujet aux Etats-Unis et en France (depuis la crise financière de 2007), on peut désormais se référer à Wikipedia qui y consacre une entrée ("L"indépendance des économistes financiers"), créée en mars 2012.

Les imposteurs de l’économie

En France, un ouvrage récent de Laurent Mauduit (journaliste à Mediapart) "Les imposteurs de l’économie" (mars 2012) vient de relancer le débat. Il lève le voile sur les conflits d’intérêt dont se rendent coupables certains économistes très médiatisés, "qui jettent la suspicion sur l’honnêteté ou l’indépendance de leurs diagnostics et recommandations" (présentation de l’éditeur).
Vous pourrez lire sur le site de Mediapart (accès payant) des extraits du livre, dans deux articles : "L’OPA de la finance sur la recherche économique" qui explique la mainmise des grandes banques et compagnies d’assurances sur les pôles d’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche économique en France, rapport de la Cour des comptes à l’appui ; "Les agents doubles de la pensée unique" qui propose de larges extraits de l’enquête montrant "comment certains des économistes français les plus connus, souvent liés au monde de la finance, changent alternativement de camp, au gré des alternances, pour défendre perpétuellement les mêmes politiques économiques néolibérales" (cf. la présentation de documents confidentiels).

Sur le blog de Mediapart, Laurent Mauduit explique les raisons qui l’ont poussé à mener cette enquête ("Les imposteurs de l’économie"). Il écrit :

"Si j’ai jugé utile de mener ce travail, c’est pour une première raison : ces derniers mois, j’ai été frappé de constater que dans de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, les économistes les plus médiatisés ont parfois été critiqués. Mais pas en France, ou quasiment pas. Et cette différence de traitement, j’ai voulu chercher à en percer le mystère".

Le débat depuis le début de la crise financière

Il est vrai que le débat sur les conflits d’intérêt des économistes a été plus important aux Etats-Unis, comme en témoigne le succès et les réactions consécutives au film "Inside Job" (Oscar du meilleur film documentaire en 2011, cf. site officiel du film / bande-annonce). Paul Krugman (qui ne vit le film qu’en 2010) reconnut dans sa chronique du NY Times une sorte de "corruption douce" de certains économistes :

"you get paid a lot of money by the financial industry, you get put on boards, but only if you don’t rock the boat too much. Besides, you hang out with these people, and get assimilated by the financial Borg. I think all of that is very true."

Même si Laurent Mauduit insiste sur l’absence de vrai débat et de réelle polémique en France, il est important de signaler que le sujet a déjà été évoqué dans l’hexagone à plusieurs reprises depuis 2009.
Le 5 septembre 2009, Frédéric Lemaître évoqua dans son article du Monde ("La crise remet en cause le savoir et le statut des économistes") un travail de Francis Fukuyama et Seth Colb ("What Were They Thinking? The Role of Economists in the Financial Debacle", article complet en accès payant) qui critiquait les conflits d’intérêt des économistes américains, et qui se terminait par cette allusion à la situation française : "Une critique qui s’applique à nombre d’économistes français influents, la composition du Conseil d’analyse économique en témoigne".
A la suite de cet article et de la réponse dans Le Monde de Patrick Artus défendant le CAE, Jean Gadrey jetait un pavé dans la mare en décrivant sur son blog le palmarès des fonctions de certains membres du CAE (C. de Boissieu, H. Lorenzi en tête), alors pointés du doigt pour leurs "liaisons dangereuses". Les réactions de C. de Boissieu et H. Lorenzi à Jean Gadrey ne se firent pas attendre très longtemps. Après la parution début 2010 du mensuel Alternatives économiques consacrant plusieurs articles aux rémunérations des économistes par les milieux de la finance, le débat se calmait en France.

2012 : la polémique rejaillit

En septembre 2011, le débat refait surface avec un dossier du magazine Le Point consacré au scandale des élites. Début 2012, un documentaire ("Les Nouveaux Chiens de garde") et une enquête du Monde diplomatique ("Les économistes à gages", mars 2012) raniment la polémique, suivis comme nous l’avons déjà signalé de la parution du livre de Laurent Mauduit.
Les réactions sont rapides, un peu trop même : Jean Gadrey est violemment pris à partie par Jean-Hervé Lorenzi (cf. l’interview de ce dernier disponible sur le site Slate.fr, 25/03/2012) alors qu’il n’avait plus écrit sur le sujet sur son blog depuis 2009  ; Laurent Mauduit s’excuse auprès de J. Gadrey qui a pris des coups à sa place ("Lettre d’excuses à l’économiste Jean Gadrey", 28/03/2012 suivi de J. Gadrey : "Liaisons dangereuses : c’est le printemps !", 29/03/2012).
Puis un débat est organisé le jour de la sortie du livre le jeudi 29 mars au Théâtre national de Chaillot devant près de trois cents personnes (les interventions peuvent être écoutées sur le site de MediaPart). Le Nouvel Obs donne ensuite la parole à la défense en publiant les réactions d’Élie Cohen, Christian De Boissieu, Olivier Pastré, Jean-Hervé Lorenzi et Daniel Cohen ("Les économistes sont-ils des imposteurs ?", 01/04/2012), avant que Le Monde ne publie le lendemain un article intitulé "Dogmatisme, conflits d’intérêts, la science économique suspectée" (02/04/2012). J’arrête ici l’évocation des articles récents sur le sujet, même si d’autres réactions ne manqueront pas de paraître (je m’efforcerai de les signaler sur Scoop.it!).

Des chartes déontologiques voient le jour

A la suite de toutes les critiques proférées à l’encontre de certains économistes, des organisations et associations ont commencé à mettre en place des chartes  déontologiques. Le 3 janvier 2011, 300 économistes américains ont écrit à l’American Economic Association (AEA) afin que cette dernière adopte un code de déontologie. Dans une lettre adressée au président de l’AEA, les auteurs écrivent :

We strongly urge the American Economic Association (AEA) to adopt a code of ethics that requires disclosure of potential conflicts of interest that can arise between economists’ roles as economic experts and as paid consultants, principals or agents for private firms.

Un an après, lors de sa réunion du 5 Janvier 2012, le Comité exécutif de l’AEA a annoncé l’ajout de principes déontologiques auxquels ses auteurs doivent désormais se soumettre.  Chaque auteur doit notamment "identifier chaque partie intéressée de laquelle il a reçu un soutien financier substantiel, pour un total d’au moins 10000 dollars au cours des trois dernières années" (cf. le communiqué de l’AEA).

En France, la Toulouse School of Economics et l’OFCE ont également adopté récemment une charte d’éthique scientifique (TSE, janvier 2012) ou une charte déontologique (OFCE, mars 2012). Cette dernière en particulier reprend le principe de la déclaration par les auteurs des sommes provenant d’une partie intéressée à l’article soumis. Le communiqué de l’OFCE du 28 mars 2012 est d’ailleurs très proche de celui de l’AEA. Un projet et également à l’étude à l’Ecole d’Economie de Paris.  Comme vous pouvez le constater, les initiatives se multiplient et on peut s’attendre, à la suite d’un communiqué de l’Association Française de Science Economique du 29 mars, que cette dernière propose également dans l’année des recommandations de "bonne conduite".

Est-ce suffisant ? En lisant "Economistes en conflit d’intérêts : que faire ? Pour ou contre un code ? Les journalistes économiques parlent" (Anne-Sophie Jacques, Arrêt sur images, 9 avril 2012) cité par Gilles Raveaud sur son blog, on peut se demander avec l’auteur si ces codes et chartes n’ont pas "le goût du service minimum" : l’information sur les sommes versées pourrait être plus précise ; l’obligation pour les économistes de déclarer leurs autres activités lucratives devrait être mieux respectée ; les journalistes pourraient contribuer à la transparence en mentionnant si c’est le cas "la double qualité des personnes interrogées ou intervenant dans une émission". A la lecture de l’article, on se rend compte que tout cela n’est pas si simple.

En conclusion, des progrès existent mais comme le dit A.-S. Jacques : "La déontologie est un long chemin."

Les revues d’excellence en économie et en gestion

1 mars 2012 1 commentaire

Dans cet article publié dans la Revue économique et disponible sur Cairn, J.-B. Chatelain et K. Ralf pointent les discordances entre la classification de l’AERES (2008) et les facteurs d’impact par les citations selon les domaines.

Jean-Bernard Chatelain et Kirsten Ralf « Les revues d’excellence en économie et en gestion », Revue économique 1/2012 (Vol. 63), p. 157-168.
URL : www.cairn.info/revue-economique-2012-1-page-157.htm.
DOI : 10.3917/reco.631.0157.

Résumé :
En 2008, l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (aeres) a attribué sa meilleure note (A+) à 90 revues en économie et gestion parmi 684 revues. Cet article montre que 109 revues parmi les 594 (18 %) revues classées A, B ou C par l’aeres ont des facteurs d’impact par leurs citations en 2008 issus du Social Science Citation Index supérieurs au facteur d’impact de la revue d’excellence classée A+ à plus faible facteur d’impact dans le même domaine. Environ un quart des revues classées A+ de l’aeres pourraient être remplacées par d’autres revues classées A, B ou C si on prend en compte les facteurs d’impact. Ces discordances sont concentrées sur neuf des vingt domaines en économie et gestion définis par la liste de revues de la section 37 du cnrs.

L’AFEP dénonce la nouvelle liste (du 13/09/11) des revues en économie et gestion considérées comme scientifiques par le CNRS

19 septembre 2011 Poster un commentaire

Paris, le 15 septembre 2011

L’association française d’économie politique (AFEP) a pris connaissance de la liste des revues arrêtée par la section « Economie et gestion » du CNRS (section n°37). Cette liste a été décidée au cours d’un vote interne, non unanime, tenu le 13 septembre 2011. Elle n’a pas encore été rendue publique.

Cette liste définit les seules revues d’économie et de gestion considérées comme scientifiques par les membres du CNRS. Elle limite ainsi le champ des publications prises en compte lors des recrutements et des promotions. Elle a donc des conséquences décisives sur le fonctionnement de la profession.

Le communiqué de presse est disponible à l’adresse : http://www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?article331

Qu’est-ce qu’un enseignant-chercheur ou un chercheur "produisant" dans le secteur Economie-Gestion ? (AERES)

17 juin 2011 Poster un commentaire

"La règle de base pour être reconnu enseignant-chercheur ou chercheur "produisant" est, sauf exception, d’avoir publié pendant la période de référence (à savoir janvier 2006 à août 2010 pour la vague B) au moins 2 articles (respectivement 4 articles pour les chercheurs) dans les revues appartenant à la liste AERES".  (AERES, Liste des revues AERES pour le domaine ECONOMIE-GESTION, mise à jour le 16/06/10, p.1)

Autorité administrative indépendante (AAI) mise en place en 2007, l’AERES est chargée de l’évaluation des établissements d'enseignement supérieur et de recherche, des organismes de recherche, des unités de recherche, des formations et diplômes d’enseignement supérieur, ainsi que de la validation des procédures d’évaluation de leurs personnels.

L’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) s’appuie donc comme le CNRS, sur une liste des revues en économie et gestion pour caractériser un enseignant-chercheur ou chercheur comme "produisant" (terme qui a remplacé celui de "publiant") et pour procéder à l’évaluation des unités de recherche.

Les revues considérées dans cette liste (qui ne sont plus classées selon leur importance) appartiennent aux 3 listes suivantes :

La liste de l’AERES (juin 2010) peut être téléchargée au format pdf à l’adresse ci-dessous :

Liste AERES Economie-Gestion

Voir également : site de l’AERES

Classement des revues en économie et gestion (CNRS)

17 juin 2011 1 commentaire

Ce classement des revues en économie et gestion est établi par la section 37 du Comité National de la Recherche Scientifique. Il est aujourd’hui largement utilisé pour le recrutement ou la promotion des enseignants-chercheurs et des chercheurs ainsi que pour l’évaluation des unités et des équipes de recherche (l’AERES a pris en compte ce classement – associé aux listes Econlit et Harzing – pour définir sa propre liste de revues en économie et gestion).

Dans ce document de référence, les revues sont classées en plusieurs grands domaines. Au sein de chaque domaine, les revues sont également ordonnées en 4 grandes catégories par ordre d’importance décroissante (1, 2, 3 et 4).

Le document indique également les objectifs, principes et limites de ce classement qui est révisé périodiquement par la section 37. Considérant que les liens avec les autres disciplines au sein des Sciences Humaines et Sociales sont des paramètres importants pour juger de l’activité d’une unité, la section 37 a ainsi identifié des supports de publication au delà des champs d’économie et de gestion mais ouverts aux gestionnaires et économistes (la catégorie MAD ajoutée en 2009-2010 : revues à comité de lecture Multidisciplinaires ou d’Autres Disciplines).

Le dernier classement disponible est téléchargeable à partir du site internet de la section 37 à l’adresse :
http://sites.google.com/site/section37cnrs/Home/revues37

Une boite mail dédiée (revues37cnrs@gmail.com) à par ailleurs été créée pour recueillir les nombreuses remarques en vue de l’ajustement du classement.

A lire également sur le blog :
Une sociologie des classifications de revues en économie et gestion
, mentionnant l’article de David Pontille et Didier Torny (« Revues qui comptent, revues qu’on compte : produire des classements en économie et gestion », Revue de la régulation, n°8, 2010) dans lequel les auteurs se focalisent sur l’évolution de la construction et surtout de l’usage du classement de revues de la section 37 du CNRS.

Une sociologie des classifications de revues en économie et gestion

8 juin 2011 Poster un commentaire

David Pontille et Didier Torny , « Revues qui comptent, revues qu’on compte : produire des classements en économie et gestion », Revue de la régulation [En ligne] , n°8 | 2e semestre 2010 , mis en ligne le 08 décembre 2010, Consulté le 08 juin 2011. URL : http://regulation.revues.org/index8881.html

A l’origine de nombreux débats, les classifications de revues en économie et gestion n’ont pas fini de faire parler d’elles. Dans cet article riche d’enseignements, les auteurs se focalisent sur l’évolution de la construction et surtout de l’usage du classement de revues de la section 37 du CNRS (par ailleurs disponible en ligne à l’adresse : http://sites.google.com/site/section37cnrs/Home/revues37).

Résumé de l’article :
Cet article présente une sociologie des classifications de revues en économie et gestion. S’appuyant sur un vaste ensemble de sources documentaires et d’entretiens complémentaires, il étudie la trajectoire du classement de revues de la section 37 du CNRS, depuis ses prémisses de 2001 jusqu’à sa version actuelle, et documente quatre principales étapes de fabrication et de transformation. Ce classement est d’abord conçu comme un outil de justice sociale pour les candidats et les laboratoires, fondé sur une expertise largement externe à la section 37. Il devient ensuite une catégorisation raisonnée, solidifiée par l’examen en comité restreint d’arguments partageables afin de résister à la comparaison avec d’autres classements. Puis, l’AERES l’érige en un instrument de comptage et d’évaluation, sur la base d’un contenu presque identique au précédent, mais dont l’usage convenable est radicalement transformé. Il est enfin une partie d’une liste de revues beaucoup plus longue servant seulement au calcul du taux de « produisants en recherche et valorisation ». Chacune des classifications produites est systématiquement accompagnée de clauses de révision ou d’actualisation : elles sont d’emblée définies comme provisoires, sujettes à certaines formes de critique, et donc ontologiquement instables. Elles sont donc soumises à un cycle publication/usages/révisions quasi-continu, proposant de nouvelles frontières et normes d’exercice professionnel.

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