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Nouvelles de l’Open Data (Banque mondiale et France)
A quelques jours d’intervalle, voici deux nouvelles qui concernent l’Open Data (données ouvertes).
Le 20 avril 2012, l’initiative de la Banque mondiale donnant un accès libre à ses bases de données statistiques (cf. l’article du blog "Statistiques de la Banque mondiale : une ouverture grand public") a fêté ses deux ans d’existence. A cette occasion, l’organisation internationale a créé un nouveau blog spécialement dédié à la discussion sur les données statistiques relatives au développement.
http://blogs.worldbank.org/opendata
Les objectifs prioritaires de se blog sont de réfléchir à l’amélioration des métadonnées et des liens entre les différentes bases de données, de promouvoir l’interactivité de ses outils, de fournir des statistiques locales et bien sûr d’être à l’écoute de la communauté de l’Open Data.
Le 17 avril 2012, etalab a mis en ligne la version bêta 2 de data.gouv.fr, la plateforme de publication des données publiques françaises (cf. la présentation de ce site sur le blog).
Parmi les nouveautés présentées sur le site d’etalab, on note une interactivité accrue avec les utilisateurs, avec la naissance d’un forum et d’une boite à idées, ainsi que de nouvelles fonctionnalités sur la plateforme (abonnement à un flux rss, refonte des pages de jeux de données, intégration des discussions en cours et affichage de tous les mots clés des contributeurs) ou pour les producteurs de données.
Base de données sur l’inclusion financière (Global Findex, Banque mondiale)
Une nouvelle base de données constituée par la Banque mondiale concerne l’accès aux services financiers dans le monde. Cette base, baptisée Global Findex, décrit la façon dont la population mondiale épargne, emprunte, effectue des paiements et gère les risques. Cette base présente les résultats d’une enquête réalisée en 2011 auprès d’environ 150000 personnes dans 148 pays.
Le rapport de référence qui décrit cette base et ses principaux résultats vient d’être publié (avril 2012) :
Asli Demirguc-Kunt and Leora Klapper, 2012, "Measuring Financial Inclusion: The Global Findex", World Bank Policy Research WP 6025.
Summary: This paper provides the first analysis of the Global Financial Inclusion (Global Findex) Database, a new set of indicators that measure how adults in 148 economies save, borrow, make payments, and manage risk. The data show that 50 percent of adults worldwide have an account at a formal financial institution, though account penetration varies widely across regions, income groups and individual characteristics. In addition, 22 percent of adults report having saved at a formal financial institution in the past 12 months, and 9 percent report having taken out a new loan from a bank, credit union or microfinance institution in the past year. Although half of adults around the world remain unbanked, at least 35 percent of them report barriers to account use that might be addressed by public policy. Among the most commonly reported barriers are high cost, physical distance, and lack of proper documentation, though there are significant differences across regions and individual characteristics.
Vous pouvez également prendre connaissance des principaux résultats de cette étude dans les actualités du site de la Banque mondiale (19 avril 2012) :
- Environ 75 % des adultes gagnant moins de deux dollars par jour ne possèdent pas de compte en banque ;
- Plus de 2,5 milliards de personnes dans le monde ne possèdent pas de compte en banque ;
- Parmi les adultes possédant un compte bancaire officiel, seulement 43 % l’utilisent pour épargner, tandis que 61 % s’en servent pour recevoir des paiements de leur employeur, de l’État ou de membres de leur famille résidant ailleurs ;
- Les femmes sont particulièrement désavantagées en ce qui concerne l’accès aux services financiers. Dans les pays en développement, seulement 37 % d’entre elles — contre 46 % d’hommes — disposent d’un compte bancaire ;
- Les populations pauvres sont confrontées à des barrières matérielles, bureaucratiques et pécuniaires ;
- Les transferts monétaires effectués par le biais de téléphones mobiles constituent une forme de services bancaires non traditionnels de plus en plus populaire ;
- L’ampleur du recours aux instruments d’épargne informels montre que le marché échoue à fournir des produits financiers sûrs et abordables à ceux qui en sont dépourvus et qu’il manque là une opportunité.
Pour mieux connaître ce projet de la Banque mondiale, le site officiel Global Findex propose de nombreux services : accès au rapport de Demirguc-Kunt et Klapper, aux résumés de l’étude, à la base de données, aux questionnaires de l’enquête, aux documents destinés à la presse, aux fichiers multimédia , à un atlas interactif (eAtlas), au petit livre (Little data book) qui résume les résultats par pays, régions et groupes de revenus et à un document info-graphique.
UNCTADstat, la plateforme de données de la CNUCED
Des séries statistiques couvrant plusieurs décennies permettent à la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) de conduire des travaux de recherche tant sur les problèmes urgents de développement que sur le long-terme et de formuler des analyses des politiques menées ou possibles.
La CNUCED identifie, harmonise et valide des informations provenant de différentes sources, nationales ou internationales. Grâce à UNCTADstat, sa plateforme de diffusion des données lancée en octobre 2010, elle donne libre accès à un large éventail de séries chronologiques et d´indicateurs statistiques nécessaires à l´étude du commerce mondial, de l´investissement, des flux financiers internationaux et du développement.
La table des matières de toutes les séries disponibles peut être consultées en cliquant ici.
Ces séries concernent ces domaines :
- Commerce international de marchandises
- Commerce international de services
- Commerce international de marchandises et services
- Tendances économiques
- Investissement étranger direct
- Ressources financières externes
- Population et main-d’oeuvre
- Produits de base
- Economie de l’information
- Economie créative
- Transport maritime
L´harmonisation des bases de données de la CNUCED et leur intégration dans une plateforme unique de diffusion garantissent la cohérence des séries statistiques et permettent aux utilisateurs d´exploiter pleinement l´information disponible en rapprochant et combinant les données de différents domaines. De plus, le choix d´une présentation analytique des statistiques aide à l´interprétation des données. La plupart des séries chronologiques s´étendent sur des périodes longues et couvrent le plus grand nombre de pays, groupements économiques et commerciaux possible. A consulter : méthodologies et nomenclatures.
Répertoires des offices statistiques
Voici quelques sites utiles qui répertorient les offices statistiques afin de faciliter la recherche de données :
EDIRC Statistical Offices : le plus basique
Commençons par EDIRC (Economics Departments, Institutes and Research Centers in the World) dont nous avons déjà parlé sur ce blog et qui propose un classement par pays, continents ou par domaines ; il comprend bien sûr les universités et centres de recherche, mais aussi les institutions nationales et internationales, les associations et donc la liste rapidement accessible des offices statistiques. Ce simple annuaire ne donne donc pas d’information sur les données statistiques disponibles.
RECHSTAT : un site personnel riche en informations
RECHSTAT est un répertoire des sites des Instituts, Bureaux, Offices, ou autres sources fournissant des statistiques officielles sur Internet. Le classement est fait par pays et par thèmes. Un moteur de recherche est également disponible sur la page d’accueil. Si la forme du site n’est pas des plus modernes, les sites mentionnés sont nombreux et bien commentés. Saluons donc l’effort de Jacques Lacroix pour maintenir ce site à jour et rendre service à ceux qui veulent trouver des données.

Dernière ce design un peu retro se cache une mine d'informations sur les producteurs de données statistiques.
OFFSTATS : le plus agréable
Développé par la bibliothèque de l’Université d’Auckland, ce site permet l’accès à des statistiques provenant de sources officielles. Les liens sont classés par pays, régions ou thèmes mais il est également possible de les ordonner en combinant ces catégories (régions et thèmes, thèmes et pays, etc.). Le design du site est agréable, la navigation aisée et un résumé accompagne chaque ressource. On regrettera juste l’absence d’un moteur de recherche.
Data.gouv.fr, la plateforme de publication des données publiques françaises
A l’instar d’autres organisations, l’État français a lancé en décembre 2011 sa plateforme de publication des données publiques ("open data") : data.gouv.fr.
Ce portail met donc à disposition les données publiques de l’Etat, de ses établissements publics administratifs et, si elles le souhaitent, des collectivités territoriales et des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public. La recherche s’effectue par un moteur ou en sélectionnant les critères (mots clés, années, format, producteur de données, couverture géographique). A l’ouverture du site, 352 000 jeux de données fournies par 90 producteurs étaient disponibles. Ces données peuvent bien sûr être téléchargées et utilisées librement, dans les conditions définies par la « Licence Ouverte / Open Licence ».
Portail de la statistique publique française
Le Portail de la statistique publique a été créé à la demande du Conseil national de l’Information statistique (Cnis) pour permettre au public d’accéder plus facilement à l’ensemble des informations statistiques produites par la statistique publique.
http://www.statistique-publique.fr
La statistique publique est produite, en France, par de nombreux organismes. L’Institut national de la statistique et des études économiques établit des statistiques générales sur la population et les entreprises ; les services statistiques ministériels (SSM), ainsi que d’autres organismes publics, selon leur champ de compétence, produisent des statistiques sectorielles. Chacun de ces services publie et met en ligne les statistiques qu’il produit.
Les programmes de travail de la statistique publique sont présentés chaque année au Cnis qui en examine l’opportunité et la conformité, et leur délivre, s’ils satisfont aux conditions, un label d’intérêt général et de qualité statistique.
Le Portail procure un accès unifié à ces éléments statistiques parfois dispersés sur plusieurs sites. Il est alimenté par les sites internet de la statistique publique (Insee, Services statistiques ministériels et organismes publics conventionnés).
Penn World Table, variables exprimées en taux de parité de pouvoir d’achat
La Penn World Table (PWT) regroupe un ensemble de variables économiques converties en taux de parité de pouvoir d’achat. Ces taux de conversion sont construits à partir de prix de référence calculés dans le cadre du Projet de Comparaisons Internationales (PCI) des Nations Unies.
L’intérêt de cette base est bien sûr de permettre une comparaison à la fois spatiale et temporelle des données économiques, les séries présentées étant calculées dans un système de prix commun et exprimées en "dollars internationaux".
La dernière version de la base est la PWT 7.0 :
Alan Heston, Robert Summers and Bettina Aten, Penn World Table Version 7.0, Center for International Comparisons of Production, Income and Prices at the University of Pennsylvania, May 2011.
Elle fournit les données sur la parité des pouvoirs d’achat ainsi que les comptes de revenu national de 189 pays sur la période, 1950-2009 (année de référence : 2005).
Liens utiles :
- Center for International Comparisons of Production, Income and Prices, University of Pennsylvania
- Penn World Table
- Working papers
UNdata, portail de statistiques mondiales développé par les Nations Unies
Depuis 2008, la division des statistiques des Nations Unies (UNSD) et le département des affaires économiques et sociales (DESA) ont lancé un site internet intitulé UNdata, qui constitue un point d’entrée unique pour la consultation des bases de données statistiques des Nations-Unies et d’institutions internationales partenaires (Banque mondiale, BIT, FAO, FMI, OMS, etc.).
La recherche sur ce site peut être faite en parcourant les différentes bases disponibles, par mots clés ou par un moteur de recherche. Outre les données elles-mêmes, UNdata donne également accès à un glossaire expliquant les indicateurs utilisés et à une rubrique Metadata indiquant la source de chaque base (avec date d’actualisation, site internet de référence et contacts).
Voici la liste des bases disponibles de cet excellent portail (au 27 juin 2011), http://data.un.org/Explorer.aspx :
- Commodity Trade Statistics Database
- Energy Statistics Database
- Environment Statistics Database
- FAO Data
- Gender Info
- Global Indicator Database
- Greenhouse Gas Inventory Data
- Human Development Indices: A statistical update 2010
- Indicators on Women and Men
- INDSTAT
- Industrial Commodity Statistics Database
- International Financial Statistics
- International Homicide Data
- Key Indicators of the Labour Market, 6th Edition
- LABORSTA
- Millennium Development Goals Database
- National Accounts Estimates of Main Aggregates
- National Accounts Official Country Data
- OECD Data
- The State of the World’s Children
- UIS Data Centre
- UNAIDS Data
- UNHCR Statistical Database
- UNSD Demographic Statistics
- WHO Data
- World Contraceptive Use
- World Development Indicators 2009
- World Fertility Data
- World Marriage Data
- World Meteorological Organization Standard Normals
- World Population Prospects: The 2008 Revision
- World Statistics Pocketbook
- World Telecommunication/ICT Indicators Data
- World Tourism Data
Deux sites statistiques interactifs à succès : World Top Incomes Database et Révolution fiscale
Dans l’édito de la Lettre trimestre n° 6 (juin 2011) de PSE (Paris School of Economics) intitulé "Comment les économistes doivent-ils intervenir dans le débat public ?", Thomas Piketty revient sur le succès public de deux sites internet présentant de manière interactive les statistiques sur les inégalités de revenus dans le monde ("World Top Incomes Database") et la fiscalité française dont vous pouvez même programmer la réforme ("Révolution fiscale").

"World Top Incomes Database" et "Révolution fiscale"
Ces nouveaux outils sont à classer dans les nouveaux moyens de démocratisation des statistiques publiques, au même titre que ceux déjà évoqués ou à venir dans notre blog (présentations interactives d’Eurostat, de la Banque mondiale, des Nations unies, etc.). T. Piketty explique l’intérêt et le succès de ces sites pour la contribution au débat public, tout en soulignant la durée moyenne de visite limitée dont ils font l’objet. Ils constituent néanmoins une ressource utile pour le grand public, les enseignants et les chercheurs (car au-delà de l’interactivité des sites, les bases de données statistiques peuvent être téléchargées).
Avec l’aimable autorisation de l’auteur, voici l’intégralité de l’édito :
"Comment les économistes doivent-ils intervenir dans le débat public ?"
Thomas Piketty, Chaire Associée PSE-École d’économie de Paris
Lettre n° 6 de PSE, juin 2011, p.1
Le succès des sites internet "World Top Incomes Database" et "Révolution fiscale", lancés récemment avec Facundo Alvaredo, Tony Atkinson, Camille Landais, Emmanuel Saez et Guillaume Saint-Jacques, montre que les chercheurs peuvent intervenir dans le débat public autrement qu’en écrivant des articles et des livres. Avec près de 400000 visiteurs en quelques mois, ces deux sites ont permis de toucher un public beaucoup plus large que les outils traditionnels de communication.
Grâce au formidable travail de Facundo Alvaredo, la "World Top Incomes Database" permet de rendre publiques les séries internationales les plus complètes disponibles à ce jour sur l’évolution historique des inégalités. La base de données comprend actuellement 23 pays et synthétise les efforts de plusieurs dizaines de chercheurs. L’ensemble renouvelle profondément les connaissances existantes sur la dynamique des inégalités, et remet radicalement en cause l’hypothèse optimiste de Kuznets sur le lien entre développement économique et répartition des revenus. Plus de 20 nouveaux pays — notamment africains, asiatiques et sud-américains — seront prochainement ajoutés à la base, qui sera constamment mise à jour. Des outils interactifs et une interface graphique efficace permettent à chacun d’accéder aux données et aux courbes dans le format souhaité.
L’interactivité est également au centre du site "Révolution fiscale", qui doit beaucoup aux talents exceptionnels de programmateur de Guillaume Saint-Jacques. Le site permet à chacun de simuler la réforme fiscale de son choix. L’utilisateur peut notamment modifier les tranches et les taux des barèmes d’imposition. Les serveurs font alors tourner des dizaines de pages de programmes sur des bases de données contenant plus de 800 000 observations individuelles et plusieurs centaines de variables. Quelques secondes plus tard, l’internaute connaît l’impact de la réforme sur l’équilibre budgétaire, la répartition de la charge fiscale par centile de revenu, etc. Une telle prouesse technique est à notre connaissance une première mondiale, et n’aurait pas été possible sans les énormes progrès de la puissance de calcul des serveurs intervenus ces dernières années.
Mais pas d’illusion technologique ! La durée moyenne passée sur ces deux sites internet dépasse à peine 5 minutes… Les nouvelles technologies permettent de toucher un plus large public, et constituent un outil indispensable permettant d’atteindre un degré de transparence démocratique inconnu jusqu’ici. Mais l’attention accordée à un site internet sera toujours limitée et superficielle par comparaison à ce que peut apporter la lecture d’un article ou d’un livre. Pour la « Révolution fiscale », il semblerait que le succès du site n’ait pas découragé les lecteurs du petit livre d’intervention publique — tout juste 130 pages — qui allait avec (50 000 exemplaires vendus). La "World Top Income Database" s’accompagnait quant à elle de deux épais volumes de 800 pages chacun publiés par Oxford University Press, indispensables pour comprendre et interpréter les données pays par pays… mais qui ne dépasseront sans doute pas les 5 000 exemplaires habituels pour ce type de prose. Tous ces outils de communication — sites internets, petits livres de vulgarisation, articles scientifiques et livres savants — ont leur utilité sociale, leur légitimité et leur public. Les chercheurs en sciences sociales, et notamment les économistes, doivent apprendre à utiliser de façon cohérente tous les outils de communication, tout en veillant à ce que les supports les plus faciles d’accès ne chassent pas les plus exigeants. Un défi pour l’avenir !
Liens internet :
- Lettre n° 6 de PSE (format pdf)
- World Top Incomes Database
- Révolution fiscale
- page personnelle de Thomas Piketty
Lectures complémentaires en téléchargement gratuit (format pdf) :
- LANDAIS Camille, PIKETTY Thomas, SAEZ Emmanuel. Pour une révolution fiscale. Un impôt sur le revenu pour le XXIème siècle. Paris : Le Seuil/République des idées, 2011, 139 p.
- ATKINSON Anthony B, PIKETTY Thomas, SAEZ Emmanuel Saez. Top Incomes in the Long Run of History. Journal of Economic Literature, 2011, vol. 49, n° 1, p. 3–71.
Statistiques de la dette extérieure, le fruit d’un travail commun entre la BRI, le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE
Le Joint External Debt Hub (JEDH) réunit des données sur la dette extérieure et quelques actifs étrangers de sources liées aux créanciers/marchés internationaux et aux débiteurs nationaux. Ces données concernent 218 pays et sont disponibles à partir de 1990 (informations au 20 juin 2011).
Le JEDH a été mis au point conjointement par la Banque des règlements internationaux (BRI), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale. Il remplace le site internet qui avait été lancé en 1999 par les quatre organisations internationales pour fournir les données de la dette extérieure.
Autres liens utiles :








